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Éclairages sur le plan Paulson



Les grandes lignes du plan Paulson

Le plan Paulson, présenté pour la première fois le 18 septembre 2008 par Henry Paulson (Secrétaire au Trésor américain), a pour ambition d’enrayer la propagation du cyclone qui balaye le système bancaire international. Faisant suite aux sauvetages successifs de Merrill Lynch et AIG, et à la faillite de Lehman Brothers, ce plan propose une solution globale d’envergure qui contraste avec les politiques de gestion « au cas par cas » utilisées depuis le début de la crise financière.

Dans les grandes lignes, le plan Paulson prévoit le rachat par l’État américain des créances douteuses détenues par les banques, et devenues toxiques à la suite de l’aggravation de la crise des subprimes. Essentiellement composés de dérivés de crédits immobiliers, ces actifs « plombent » très lourdement le bilan des Banques.

Aussi, la création d’une cellule de cantonnement, destinée à accueillir, regrouper et gérer ces actifs toxiques, permettrait de réduire le risque de faillite du système bancaire. La technique du cantonnement, déjà utilisée lors de la faillite des caisses d’épargne américaines à la fin des années 1980, rétablirait ainsi la confiance du marché dans la solidité financière des banques, et permettrait de résoudre la crise de liquidité qui a sévèrement fragilisé les établissements financiers de la planète.


Les inconvénients du plan Paulson

Le financement du plan Paulson par de la dette publique, pour un montant estimé à 700 milliards de dollar US, constitue l’un des points les plus contestés par l’opinion et les élus qui refusent de payer les excès de risques pris par les banquiers de Wall Street.

Par ailleurs, l’exécution pratique du plan s’avère également être plus complexe que prévue, notamment en raison de l’incapacité des banques à valoriser correctement le prix des actifs toxiques présents dans leur bilan. En effet, la quasi-disparition de la demande du marché pour ce type de produits a accentué la dégradation des prix, et a sensiblement réduit la qualité des évaluations faites par les banques et les auditeurs pour valoriser ces actifs.

Par conséquent, la question du prix de rachat par l’État américain des créances toxiques des banques reste ouverte. Alors qu’un prix trop élevé serait injuste pour le contribuable américain, un prix trop bas conduirait les banques à enregistrer des pertes supplémentaires qui pourraient leur être fatale. D’ailleurs, ce débat sur la « juste valeur » des actifs s’inscrit dans une problématique plus générale sur la part de responsabilité des nouvelles normes comptables dans l’aggravation de la crise.


Les alternatives au plan Paulson

Les experts sont unanimes sur le fait que la crise est essentiellement due à une perte de confiance. Aussi, le sauvetage nécessite incontestablement un soutien solide, ferme et appuyé de l’État américain en tant que garant du maintien de la stabilité du système bancaire.

Aussi, la résolution de la crise devra s’accompagner d’un renforcement strict de la réglementation bancaire destiné à empêcher la reproduction des erreurs ayant permis un tel séisme financier.

Ensuite, les banques ont besoin de temps pour reprendre leur souffle et absorber les lourdes pertes enregistrées depuis le début de la crise. Le maintien d’une politique des taux « interbancaires » bas s’avère donc indispensable pour permettre aux banques de re-générer des profits sur leur cœur de métier historique, la transformation (principe qui consiste à prêter sur du long terme en se refinancant sur du court terme).

Par ailleurs, une réflexion sur la révision des nouvelles normes comptables applicables aux institutions financière s’impose. Une suspension temporaire de la comptabilisation des actifs en « juste valeur » permettrait d’éviter l’enregistrement de nouvelles dépréciations potentiellement fatales aux banques, leur offrant ainsi une bouée d’oxygène supplémentaire.

Enfin, certains universitaires américains estiment qu’une injection de fonds publics dans le capital des banques serait moins destructrice de valeur que le financement d’une cellule de cantonnement. Selon eux, une entrée de l’État au capital des banques en difficulté offre au contribuable américain un avantage par rapport au plan Paulson qui est de bénéficier de leurs profits futurs.

EB

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