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Faiblesses et conséquences des subprimes



Subprime : concept américain louable mais extrêmement risqué



L’idée d’élargir l’accès à la propriété foncière aux foyers modestes était parfaitement louable. Elle n’en était pas moins très risquée car fondée sur deux hypothèses fortes et déraisonnables :

1. la stabilité des taux d’intérêts, et
2. l’augmentation continue des prix de l’immobilier résidentiel.

Contrairement au marché du crédit français, le marché américain est très majoritairement composé de prêts à taux variable. Plus précisément, le montage financier se décompose en deux grandes parties :

1. Durant les deux premières années du prêt, le taux est compétitif à un niveau très inférieur à celui du marché ; une sorte de produit d’appel des organismes de crédit.

2. Ensuite, le taux se réajuste automatiquement à un niveau sensiblement supérieur à celui du marché. Ainsi, deux ans après la contraction du prêt, le montant des mensualités augmente brusquement à un niveau potentiellement supérieur aux capacités de remboursement de l’emprunteur.


Echec d’un système fondé sur la hausse des prix de l’immobilier



La réussite d’un tel système reposait fortement sur l’augmentation empirique et continue des prix de l’immobilier américain qui permettait aux ménages ainsi endettés de rembourser leur prêt par anticipation, juste avant la révision des mensualités, notamment grâce aux plus-values réalisées par la revente de leur bien.

Le ralentissement du marché immobilier résidentiel américain combiné à la hausse des taux d’intérêts a brusquement déclenché la faillite de ce système.


De la faillite des foyers modestes à la faillite des banques



Face à ce retournement, les banquiers se sont rapidement retrouvés avec une masse importante de créances douteuses les mettant en sérieuse difficulté. L’incertitude planant sur l’exposition des banques à ces actifs « toxiques » a déclenché un mouvement de méfiance générale sur leur solidité, et a mécaniquement paralyser les échanges de liquidité, véritable oxygène des établissements bancaires.

En effet, sans liquidité, les banques ne peuvent plus faire face à leurs échéances. Certes, les injections massives de liquidité par la BCE et de la FED permettent aux banques d’honorer leurs échéances sur le très court terme (la journée ou la semaine) mais ne règlent pas le problème des échéances à suivre, ne serait ce que sur le mois. Lorsque les marchés fonctionnent correctement, les banques se prêtent ainsi de l’argent à la journée, à la semaine, au mois ou à l’année en fonction de leurs besoins. Ce mécanisme, pratiqué depuis l’origine de la finance, permet aux banquiers d’exercer leur métier historique en faisant de la transformation, c'est-à-dire en prêtant sur du long terme et en se refinancant sur du court / moyen terme.


L’expansion de la crise financière à l’Europe et à l’économie réelle



Contrairement aux idées initialement reçues, cette crise de liquidité ne s’est pas cantonnée aux Etats-Unis et s’est rapidement répandue à travers le monde, y compris en France. La première raison expliquant cette rapide expansion de la crise en France provient de la globalisation du mécanisme de prêts / emprunts entre banques qui est désormais intégrée dans un système mondial. La deuxième explication provient du surprenant laxisme des banques françaises au regard des taux et des durées d’endettements. Autrefois limités à un tiers des revenus, les taux d’endettements autorisés par les banquiers avant la crise dépassaient les 40%. De même, les durées d’endettements dépassaient la barre des 20 ans pour atteindre 25 voire 30 ans…

Fragilisés par la crise, les banques ne peuvent plus jouer convenablement leur rôle premier de financement les investissements des entreprises, avec toutes les conséquences graves que l’on peut concevoir sur le ralentissement de l’économie réelle.

EB

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